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Médiation animale : des bienfaits reconnus

 

En plein essor depuis une vingtaine d’années, la médiation animale, terme préféré à « thérapie assistée par l’animal » qui renvoie à une notion de soin non présente, est une discipline dont les bienfaits font consensus. Elle reste pour autant non encore encadrée en France même si ses domaines d’intervention ne cessent eux aussi de se développer.

Si elle a fait son entrée assez timidement, notamment dans certaines sphères médico-sociales, la médiation animale est une pratique aujourd’hui largement répandue et consensuelle bien que le cadre juridique qui l’encadre soit inexistant. Les publications et colloques qui lui sont consacrés se multiplient.

Les débuts de la médiation remontent aux années 60 avec Boris Levinson et, dans les années 70, c’est un vétérinaire, Ange Condoret, qui la formalise en France. Ce dernier définit, dès 1978, une méthode de prise en charge des enfants ayant des difficultés de communication basée sur l’utilisation de l’animal.

Dans une enquête effectuée en 2001 auprès d’un millier d’établissements pratiquant la médiation animale, la Fondation A & P Sommer, acteur majeur de la médiation animale en France, a montré que cette pratique bénéficiait en priorité aux établissements liés au handicap (41,7 %), devant les Ehpad* (33,4 %). Viennent ensuite les secteurs de la justice (prison), de l’aide sociale à l’enfance, de l’enfance et de la petite enfance.

 

Surtout des chiens et des chevaux

Les animaux impliqués sont des chiens dans plus de la moitié des cas (51 %) devant les chevaux (24 %), les animaux de ferme (13 %), les ânes (9 %) et autres (3 %).

Sur le terrain, la constatation va plutôt aujourd’hui à un équilibre entre les interventions canines et équines.

Preuve supplémentaire que la médiation animale ne suscite plus les craintes hygiénistes qu’elle a pu soulever à ses débuts, au printemps 2023 et pour la première fois, l’Institut Curie, premier centre français de lutte contre le cancer, à Paris, a installé à plein temps dans ses services de soins un chien de médiation pour accompagner les soignants et les patients traités. L’adoption de ce chien baptisé Snoopy et provenant de la SPA s’inscrit dans le cadre d’une étude baptisée M-KDOG chargée d’évaluer le bénéfice de la présence d’un chien de médiation dans le cadre hospitalier.

« Au-delà d’une présence apaisante, l’arrivée d’un chien de médiation dans une unité de soin peut être considérée comme une approche non-médicamenteuse, en complément des soins traditionnels », précise l’Institut.

Les relations bénéfiques susceptibles de se tisser entre l’Homme et l’animal sont ainsi exploitées pour faciliter ou renforcer l’action de professionnels de la santé et de l’action sociale auprès de populations fragilisées. L’animal n’est pas le thérapeute lui-même mais le médiateur d’une thérapie.

Et cette utilisation reçoit l’aval de la société : 83 % des Français croient à la pertinence de la médiation animale en accompagnement d’une thérapie**.

Les indications des thérapies assistées par l’animal sont nombreuses et portent aussi bien sur le handicap, psychique ou physique, que sur le soutien des personnes en difficultés sociales (aide sociale à l’enfance, SDF, milieu carcéral…), des personnes âgées...

 

Rôle affectif capital

La prédominance du chien auprès des enfants et des personnes âgées est nette (75 % des animaux utilisés) tandis que le cheval est préféré pour les handicapés (65 %) et qu’un équilibre entre les deux espèces est constaté dans les interventions auprès des personnes en difficultés sociales.

Les maisons de retraite commencent à reconnaître le rôle affectif capital joué par les animaux de compagnie et sont de plus en plus nombreuses à les accepter auprès de leurs pensionnaires.

Dans ces établissements, la présence animale peut également être ponctuelle par le biais de chiens visiteurs.

Les rôles du chien d’accompagnement sont multiples : rééducation psychomotrice à travers les promenades, le toilettage…, revalorisation des personnes en difficultés, effet apaisant, rôle de médiateur entre une population en rupture sociale, affective ou cognitive et le thérapeute, responsabilisation des personnes à travers la préparation et la distribution de la gamelle, les sorties…

L’animal véhicule ainsi un double statut de domination et de responsabilité qui conforte l’estime de soi des personnes fragilisées et leur permet d’accéder à une reconnaissance : elles ont la charge des sorties, de l’entretien de l’animal, etc.

Les bénéfices observés sur les patients sont avérés : diminution du sentiment de handicap et de dépendance, amélioration de la relation à soi, aux autres et à l’environnement.

Il est par ailleurs prouvé que l’interaction avec des animaux médiateurs permet de révéler des compétences sociales chez des enfants qualifiés d’inadaptés.

Pour assurer ces rôles, les chiens utilisés doivent répondre à un « cahier des charges » et posséder certaines qualités (empathie, docilité, douceur…).

De nouveaux champs d’application de la médiation animale se développent (en milieu scolaire, assistance judiciaire…) et un questionnement récurrent émerge : celui du bien-être animal pour les animaux médiateurs. Les études dans ce domaine ne font qu’apparaître mais l’intérêt que suscite ce volet animal-centré ne fait que se développer.

*Ehpad : Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

**source : sondage Opinionway pour DogFidelity et AssurOPoil de janvier 2016.

 

Lors de la 5ème édition de la Semaine Nationale de l’Identification, I-CAD a lancé un appel à projets pour soutenir les projets associatifs en faveur des animaux de compagnie et plus particulièrement des chiens et des chats. Les lauréats ont proposé des initiatives centrées sur la médiation animale. Découvrez les 4 projets ICI.