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Coprophagie ou pica : comment réagir ?

Coprophagie ou pica

 

Certains chiens sont de véritables aspirateurs sur patte. Cette propension à ingérer tout ce qui passe à portée de leur gueule peut devenir réellement problématique et être source de maladies parfois graves comme des occlusions intestinales. Il importe donc de réagir.

 

La coprophagie et le pica sont deux troubles du comportement alimentaire qui concernent plus volontiers le chien que le chat.

La coprophagie consiste pour un chien à ingérer ses propres excréments (autocoprophagie) ou ceux de ses congénères (coprophagie intraspécifique) ou d’autres animaux (coprophagie interspécifique) (déjections dans la caisse du chat par exemple).

Toutefois, lorsque la coprophagie s’exerce sur les excréments d’espèces différentes, essentiellement chats et herbivores, elle n’est pas considérée comme un trouble du comportement alimentaire, les chiens étant attirés par les éléments nutritifs particuliers de ces fèces (protéines chez le chat, vitamines B, acides gras volatiles chez les herbivores).

Dans certains contextes, la coprophagie est également normale, comme, par exemple, lorsqu’elle concerne la chienne qui ingère les déjections de ses chiots pour maintenir la propreté du nid.

Dans d’autres cas, elle est gênante, voire pathologique. Dans tous les cas, elle est souvent très mal vécue par un propriétaire même si ses conséquences sanitaires sont faibles.

 

Problème digestif

Elle peut, par ailleurs, être l’expression d’une maladie digestive. Certains problèmes médicaux (parasitisme intestinal - notamment par Giardia duodenalis, responsable d’un syndrome malabsorption-maldigestion - insuffisance pancréatique, affections gastro-intestinales, affections endocriniennes, gastrite chronique entraînant du pica…) se traduisent en effet par une digestion incomplète et la persistance de substances alimentaires appétentes dans les fèces.

De façon normale et jusqu’à 6 mois environ, le chiot ingère des excréments lors de sa phase d’exploration orale de son environnement.

Si cette attitude persiste ou réapparaît à l’âge adulte, elle est alors considérée comme un trouble du comportement alimentaire.

Beaucoup plus dangereux, le pica consiste pour l’animal à ingérer de façon régulière toute sorte de produits non alimentaires et non nutritifs. Jouets, peluche, chaussette, cordes, pierre, bouchons… la liste des produits susceptibles de se transformer en corps étranger dans son tube digestif est longue. Si dans la majorité des cas, ce corps étranger sera éliminé dans les fèces, il peut également générer des troubles digestifs parfois graves comme une occlusion ou une perforation intestinale.

Plusieurs causes, parfois similaires peuvent conduire à ces deux troubles et parmi elles figurent le jeune âge de l’animal, tout comme un enfant à tendance à porter les objets à sa bouche, l’ennui, si le chien est laissé seul trop longtemps dans la journée sans occupation, un problème d’aliment qui n’est pas assez nutritif, des troubles digestifs comme une inflammation de l’estomac, des troubles du comportement (chien hyperactif), etc.

 

Anxiété chez le chat

Le pica est également possible chez le chat et trouvera alors plus souvent sa cause dans l’anxiété de l’animal. Un sevrage précoce en est également un facteur favorisant. C’est typiquement le cas du chat qui mâchonne et avale des morceaux de tissus quand il se retrouve seul.

Le pica peut dans certains cas être comparé aux troubles obsessionnels compulsifs (Toc) de l’Homme.

Quand on constate ce comportement chez un chien ou un chat, il ne faut surtout pas le punir car cela l’inciterait à avaler les objets encore plus vite.

Si ces comportements apparaissent ou persistent chez son animal quand il grandit, il importe en premier de consulter son vétérinaire pour écarter toute hypothèse médicale, comme une maladie digestive.

Dans un second temps et une fois cette origine écarte, en cas de pica, il faudra lutter contre les facteurs prédisposants à commencer par l’ennui. La qualité des jouets distribués est importante à vérifier et il importe de les retirer dès la moindre dégradation.

Enrichir l’environnement de l’animal, multiplier les activités et les sorties pour un chien, revoir ses conditions de vie, voire traiter un éventuel trouble du comportement font partie de la prise en charge du pica.

Face à la coprophagie, il importe de revoir éventuellement la ration, d’essayer de détourner l’attention de l’animal sur autre chose quand on le voit prêt à passer à l’action, de consulter un éducateur si l’origine est un problème d’éducation.

Il existe aussi des compléments à base de plantes qui modifient l’odeur des selles et les rendent moins appétentes si le chien a tendance à ingérer ses propres excréments.

Dans les deux cas, une prise en charge comportementale est souvent nécessaire.