Accueil > L'importation des chiens, chats et furets : une croissance de 17 % en 4 ans

L'importation des chiens, chats et furets par les français : une croissance de 17 % en 4 ans

Le dramatique décès d’un enfant de 10 ans, contaminé par la rage lors d’un voyage au Sri Lanka, met en lumière une maladie contre laquelle les mesures de prévention restent encore mal connues et relance le débat sur l’importation illégale d’animaux depuis l’étranger. L’occasion pour I-CAD de dresser un bilan de l’année 2016 en matière d’importation tout en rappelant que les mouvements intra communautaires d’animaux sont encadrés  par la réglementation européenne.

Une croissance de 17 % en 4 ans 

Ils étaient 32 984 chiens, chats et furets à être importés depuis l’étranger au courant de l’année 2016, 55% d’entre eux (18 351) l’ont été par des particuliers, soit 1 529 carnivores domestiques en moyenne chaque mois.

Si les furets sont de moins en moins importés, les chiens et les chats ne cessent quant à eux de faire l’objet d’échanges internationaux. En 4 ans, le nombre de carnivores importés par les particuliers a augmenté de 17%.

Provenant de l’Europe, de la Belgique notamment, c’est en région Ile de France que sont recensés le plus de chiens (2 747), chats (1 084) et furets (3) importés. La région Hauts-de-France avec 2 272 chiens, 313 chats et 1 furet importés ainsi que la région Grand-Est avec  2 073 chiens, 419 chats et 10 furets importés arrivent respectivement au 2e et 3e rang des régions françaises de destination.

Plébiscités pour leurs traits de caractère ou leurs particularités physiques, nous retrouvons parmi les races de chats les plus importées en 2016 : l’européen, le maine coon, le british shorthair, le bengal et le persan

Le chihuahua, le yorkshire terrier, le bouledogue français, le berger allemand et le spitz arrivent quant à eux en tête des races de chiens les plus importées.

 

Comprendre l’identification de l’animal 

Petit cylindre de 1 mm de diamètre pour 3 à 4 mm de long environ, la puce (ou transporteur) est a peine plus grande qu’un grain de riz mais renferme des informations importantes sur l’animal et son propriétaire à travers un code unique de 15 chiffres enregistré dans le Fichier National I-CAD. Il est composé du :

  1. code pays correspondant aux 3 premiers chiffres, généralement au 250 pour la France et plus fréquemment au 056 pour la Belgique, 620 pour le Portugal, 724 pour l’Espagne, 642 pour la Roumanie ou le 826 pour le Royaume-Uni.
  2. code espèce pour les carnivores domestiques correspondant aux 2 chiffres suivants soit le 26 pour les chiens, chats et furets
  3. code fabriquant correspondant aux 2 chiffres suivants 
  4. numéro unique/individuel d’identification de l’animal correspondant aux 8 derniers chiffres. Ils donnent des informations sur la vie de l’animal, ses caractéristiques physiques ainsi que le nom et les coordonnées de son propriétaire. Ces informations ne sont accessibles qu'aux professionnels habilités.

Droits et obligations en matière d’importation

Entrer sur le sol français avec un chat, un chien ou un furet provenant de l’étranger suppose de respecter un certain nombre de règles.

Ainsi, dans le cadre d’un échange non commercial un particulier ne peut importer plus de 5 animaux sauf cas dérogatoires :

Une restriction levée pour tous les échanges commerciaux.

L’animal importé doit alors satisfaire aux conditions suivantes :

  • être identifié par puce électronique ou tatouage si lisible et réalisé avant le 3 juillet 2011 
     
  • disposer d’un titrage antirabique pour certains pays hors UE non dispensés et d’un certificat sanitaire établi par un vétérinaire du pays d’origine s’il vient d’un pays hors UE 
     
  • être vacciné contre la rage (primo-vaccination considérée valide après un délai de 21 jours et rappels en cours de validité)
     
  • avoir un passeport européen fourni et rempli par un vétérinaire s’il vient d’un pays UE ou de Suisse**. Les rubriques "Description de l'animal ", "Marquage ou identification  de l'animal", "Examen clinique", s’il s’agit d’un échange commercial et "Vaccination antirabique" (ou à défaut un justificatif antirabique ou une attestation vétérinaire certifiant que l'animal est vacciné contre la rage) doivent être complétées.
     
  • avoir les documents du dossier sanitaire officiel du pays de provenance hors UE mentionnant l'identification ou le marquage de l'animal, l'examen clinique s'il s'agit d'un échange commercial, la vaccination antirabique (ou à défaut un justificatif antirabique ou une attestation vétérinaire certifiant que l'animal est vacciné contre la rage) et enfin le titrage des anticorps antirabiques attestant de l'efficacité du vaccin
     
  • faire l’objet d’une demande d’enregistrement dans le fichier national français I-CAD sous 8 jours, dès son arrivée sur le sol français si la durée de son séjour est supérieure à 3 mois en y joignant l’attestation de mouvement non commercial 

Tous les animaux ne répondant pas à ces exigences mais aussi tous les chiens dangereux de première catégorie ou « chien d’attaque » sont strictement  interdits d’importation.

Qu'il s'agisse d'une première importation ou d'une réimportation dans l'Union européenne, une soumission au service douanier est obligatoire afin qu’un contrôle documentaires et d'identité de l’animal soit effectué

Protéger la population et l’animal 

Pour limiter le risque d’introduction de maladies animales, notamment la rage, la réglementation européenne encadre les mouvements des carnivores domestiques.

Une importation est considérée comme illégale lorsqu’elle ne respecte pas les conditions sanitaires prescrites.

Or, tous les cas de rage animale (hors chauve-souris) observés en France depuis près de 20 ans trouvent leur origine dans l’importation illégale de carnivores domestiques. Chaque année, la rage cause 70 000 décès dans le monde, principalement en Asie et en Afrique*.

Le virus de la rage (du genre Lyssavirus) est présent dans la salive de l’animal malade (chien, animal sauvage...). La transmission survient le plus souvent après la morsure par un animal contaminé, par griffure ou encore léchage sur la peau excoriée ou sur une muqueuse.

Le traitement préventif suite à une contamination potentielle consiste en 4 ou 5 injections intramusculaire de vaccin antirabique réparties sur un mois.

En 2016, en France, près de 4200 personnes ont reçu un traitement*. Une fois les signes cliniques de la rage, essentiellement des symptômes nerveux, déclarés, la maladie est toujours mortelle, sauf cas exceptionnels. 

L’intégralité de l’infographie est disponible ici

Chiffres par département également disponibles ici 

*Source : Institut Pasteur.